Elles résultent le plus souvent d'accidents touchant la moelle
épinière (blessés médullaires ou para / tétraplégiques traumatiques)
: accidents de la route ou, plus rarement, accidents de sport, chutes,
plongeon en eau peu profonde, agression (balle)… Ce sont alors souvent
des sujets jeunes (et masculins). Cependant, dans un quart des cas,
il s'agit d'atteintes non traumatiques de la moelle épinière (myélopathies)
: tumeurs, malformations, infection ou inflammation (myélite)…
Quand la moelle est touchée, les séquelles dépendent du niveau
de la colonne vertébrale qui a été atteint : paralysie des deux membres
inférieurs (paraplégie) ou des quatre membres (tétraplégie). On compare
souvent la moelle épinière à un faisceau de câbles électriques qui
transmet les ordres du cerveau aux membres et qui serait " rompu ",
coupant la transmission. En fait, il arrive souvent que la " coupure
" soit incomplète (la paralysie n'est pas totale sous le niveau de
la lésion).
D'autre part, la moelle ne sert pas qu'à transmettre des ordres
de mouvements à nos muscles. C'est pourquoi, aux paralysies s'associent
de façon presque systématique des troubles sensitifs (diminution ou
abolition de la sensibilité de la peau, d'où risque de lésions qui
passent inaperçues) et des troubles de la commande des appareils urinaire
(incontinence…), intestinal (troubles du transit, constipation) et
génito-sexuel (troubles de l'érection…). Les troubles sensitifs peuvent
s'accompagner de douleurs particulières (car en zone " insensible
"). Des contractures musculaires, notamment quand la paralysie n'est
pas complète, peuvent être très gênantes. En cas de lésions dorsale
(paraplégie " haute ") ou cervicale (tétraplégie), la paralysie des
muscles respiratoires (abdominaux, intercostaux) peut entraîner une
fragilité voire une insuffisance respiratoire, qui devient très importante
dans les lésions très hautes (nuque) dans lesquelles le diaphragme
est paralysé. Le handicap est très variable selon le niveau et la
gravité de l'atteinte. Souvent, les sujets paraplégiques conservent,
une fois la rééducation initiale terminée, une bonne autonomie même
en fauteuil roulant, car ils peuvent réaliser leurs transferts (passer
du fauteuil à un lit, un siège de W.C., etc.), conduire une voiture
adaptée, " gérer " eux-mêmes leurs problèmes urinaires (ex : sondage),
etc. Par contre, dans les paraplégies hautes et plus encore les tétraplégies,
l'indépendance est souvent plus précaire voire impossible pour beaucoup
de gestes essentiels. L'aide d'un tiers est alors nécessaire dans
les activités courantes comme dans les soins indispensables (problèmes
urinaires et intestinaux, prévention des plaies (escarres) de la peau
dues à l'immobilité et à la non perception de la douleur, etc.).